Stephan Beauvais

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Biographie

Curriculum Vitae :

  • Né à ARRAS en  1975, vit et travaille à Sucy-en-Brie

  • Medium : Peinture
     

Expositions Personnelles et collectives :

  • 2020 – Festival « Courants d’Art » - Authon du Perche – Episode XIII

  • 2019 – Exposition collective - Château de Nogent-Le-Roi

  • 2019 – La Tannerie – Houdan

  • New Hope Gallery – New-Jersey (USA)

Textes

Extrait d’un entretien avec Jeanine Rivais réalisé au GRAND BAZ'ART A BEZU (Festival d’Art Singulier), le 11 juin 2011. Jeanine Rivais est enseignante, critique d’art, secrétaire générale du Syndicat de la Critique Parisienne à partir de 1999, elle a collaboré à de nombreuses revues et magazines, tels que : Cahiers de la Peinture et aux Cahiers de la Poésie, aux revues d’art contemporain Intelligentsia, Femme Artistes International, Artension, la Revue de la Critique Parisienne et Idéart.

Jeanine Smolec-Rivais : Stéphane Beauvais, vous avez apporté, me semble-t-il, deux aspects de votre travail, l'un qui est de la peinture à l'eau donc de l'aquarelle ; le second qui est de la peinture… ?

Stéphane Beauvais : Oui, de la peinture acrylique.

 J.S-R. : Dans les deux cas, vos personnages se situent au milieu de la toile ; et tout autour, il y a un vide non signifiant. Ce qui veut dire que, quelle que soit l'histoire que vous racontez, on ne peut pas la situer temporellement, historiquement, géographiquement, et même socialement.

S.B. : Non. Depuis le début des années 2000 où je suis vraiment parvenu à mon style, mes personnages sont toujours centrés, et encore beaucoup plus au départ que maintenant. J'avais du mal à m'éclater sur la surface entière du support. Mais expliquer pourquoi je suis ainsi centré, je ne le sais pas trop, en fait.

J.S-R. : Les dessins à l'aquarelle me semblent beaucoup plus gestuels que les dessins à la peinture.

S.B. : Oui, j'ai plus de facilité avec la plume et l'encre aquarellée. Le geste est plus sûr. Il n'y a pas très longtemps que je peins à l'acrylique, à peine cinq ans. J'essaie donc de varier les supports. Il y a des moments où je suis saturé d'aquarelle, alors j'essaie de passer à autre chose : peindre sur des cartons, du bois, un peu tout en fait.

J.S-R. : Il me semble que certains de vos dessins sont plus oniriques que vos tableaux.

S.B. : Oui, je m'en rends compte, mais je ne peux l'expliquer : peut-être tout simplement parce que je suis plus à l'aise avec la plume ? J'ai toujours beaucoup de mal à mettre des titres à mes dessins, parce que je ne sais jamais au départ, où je vais. Jamais. Alors, c'est peut-être le spectateur qui juge du résultat et décrit l'œuvre. Ce que j'ai du mal à faire.

(…)

J.S-R. : Si vous parlez de spiritualité, vous impliquez une création intime. Donc, vous devriez pouvoir me l'expliquer !

 

S.B. : Non, pour autant je ne sais pas l'expliquer. C'est quelque chose que je n'explique à personne ! Mais je pense que cela vient de mon enfance ? Quelques personnes ont su lire mes travaux, mais très peu : deux ou trois personnes. Et c'étaient des personnes qui avaient les mêmes problèmes que moi.

 

J.S-R. : Diriez-vous, comme Jean Ferrat, que "nul ne guérit de son enfance" ?

 

S.B. : Exactement, oui je le crois. Je pense que mon enfance sera toujours là. Qu'elle ressort chaque fois que je dessine. Alors, j'ignore si c'est pour me libérer que je dessine ou que je peins, je pense que oui. Je ne sais pas si c'est une prison ou une façon de me libérer ?

 

J.S-R. : Venons-en à vos tableaux peints. Là, par contre, vous avez à chaque fois deux personnages. Même s'ils ont l'air d'être seuls au départ, ils se dédoublent. Nous sommes donc toujours dans la dualité ?

 

S.B. : Je ne l'avais jamais remarqué ! C'est vrai, mais les deux têtes que vous voyez représenteraient plutôt les deux yeux d'un même personnage.

 

(…)

 

J.S-R. : Finalement, dans tout ce monde qui nous semble un peu désordonné, un peu chaotique, la couleur nous ramène toujours à quelque chose de simple, presque serein.

 

S.B. : Oui, il y a une sérénité ; et je pense que cela vient de mon métier : je suis coloriste. Je travaille donc la couleur toute la journée.

 

J.S-R. : Mais vous faites cela dans quel cadre ?

 

S.B. : Dans l'imprimerie cosmétique. Tous les jours je choisis des couleurs, en vue des ventes de produits. Mais je pense que cela me sert aussi pour les couleurs de mes tableaux. En fait, la couleur est ce que je veux faire ressentir aux gens en premier. En dehors des formes.

 

(…)

 

S.B. : Que pensez-vous de mon travail ?

 

J.S-R. : J'aime beaucoup les dessins : je les trouve plus humains. En même temps, ils me semblent plus libérés que les peintures qui me semblent serrées, drues, mal à l'aise. Les dessins me semblent véritablement plus ouverts.

 

S.B. : Par contre, je me sens plus à l'aise sur des supports moins nobles que la toile, j'aime mieux des supports plus durs, le bois, même le carton ondulé, qui répondent mieux. Et puis, je n'aime pas trop le tabou qui prévaut autour de la toile.